La vie marineLa raie torpille ocelléeTorpedo torpedo
Mis à jour le 13/10/2026 à 00:53
Avec ses taches bleu foncé cerclées de noir, la raie torpille ocellée (Torpedo torpedo) ne passe pas inaperçue. Mais son véritable atout est invisible: grâce à ses organes électriques, elle peut envoyer des décharges capables d'immobiliser ses proies et de se défendre.
Elle vit dans l'Atlantique oriental et en Méditerranée, où elle se dissimule souvent dans les sédiments pour surprendre les petits poissons dont elle se nourrit.
Classification
Noms françaisRaie torpille ocellée
Noms anglais
Ocellate torpedoCommon torpedo ray
Noms espagnolTremolinaTembladorTembladera de lunares
Nom scientifiqueTorpedo torpedo (Linnaeus, 1758)
FamilleTorpédinidés[Torpedinidae]
OrdreTorpédiniformes[Torpediniformes]
ClasseElasmobranches[Elasmobranchii]
Morphologie
La raie torpille ocellée possède un corps aplati et épais, en forme de disque presque circulaire, prolongé par une queue robuste munie de deux nageoires dorsales. Son dos est généralement brun rougeâtre, parfois teinté de jaune, tandis que sa face ventrale est blanchâtre à crème. Elle se reconnaît surtout à ses ocelles bleu foncé, généralement au nombre de cinq, cerclés de noir puis entourés d'un liseré clair et d'une auréole beige clair. Leur nombre peut toutefois varier d'un individu à l'autre.

La raie torpille ocellée (Torpedo torpedo) © Planctonvideo | Dreamstime.com
Elle mesure généralement entre 30 et 40 centimètres de longueur, mais les plus grands individus peuvent atteindre environ 60 centimètres.
Répartition géographique
La raie torpille ocellée se rencontre dans l'Atlantique oriental, depuis le sud du golfe de Gascogne jusqu'aux côtes de l'Angola. Elle est également présente dans toute la Méditerranée. Plus fréquente dans les eaux tropicales et le sud de la Méditerranée, elle est aussi observée plus au nord, notamment sur les côtes françaises, où sa présence reste plus ponctuelle.
Habitat
La raie torpille ocellée vit près du fond, généralement sur des fonds sableux ou vaseux. Elle fréquente surtout les eaux côtières peu profondes, où elle peut s'enfouir partiellement dans les sédiments pour se dissimuler. Elle est généralement observée entre 2 et 70 mètres de profondeur, mais peut aussi se rencontrer occasionnellement jusqu'à environ 400 mètres.
Sa coloration et son corps aplati lui permettent de se dissimuler sur les fonds meubles. Elle peut ainsi rester cachée dans le sable ou la vase et surprendre les proies qui s'approchent.
Alimentation
La raie torpille ocellée se nourrit principalement de petits poissons vivant près du fond, notamment des soles, des rougets et des gobies. Elle consomme également des crustacés, mais en moindre quantité. Les jeunes individus ont un régime alimentaire plus varié que celui des adultes.
C'est une chasseuse à l'affût : elle s'enfouit partiellement dans le sable ou la vase et attend qu'une proie s'approche. Elle l'immobilise alors grâce à une décharge électrique, puis la recouvre de son corps avant de l'avaler.
Reproduction
La raie torpille ocellée est ovovivipare: les embryons se développent dans l'utérus de la femelle. Ils utilisent d'abord les réserves de leur œuf, puis reçoivent des nutriments supplémentaires produits par la mère. La fécondation est interne et les petits naissent déjà formés.
La femelle donne naissance à une portée de 3 à 21 petits, qui mesurent environ 9 centimètres à la naissance. La période de reproduction varie selon les régions. En Méditerranée orientale, les accouplements ont lieu en hiver et les naissances surviennent généralement à la fin de l'été.
Le saviez-vous ?
Les organes électriques de la raie torpille ocellée se trouvent de chaque côté de sa tête, sous la peau. Ils sont constitués de cellules spécialisées, organisées en couches superposées et capables de produire des décharges électriques pouvant atteindre environ 200 volts. Ces décharges lui permettent d'immobiliser ses proies et de se défendre, mais peuvent aussi provoquer un choc douloureux chez l'être humain.
La raie torpille ocellée est inscrite comme un grand nombre de raies sur la liste rouge de l'IUCN. Elle apparait depuis 2021 dans la catégorie des espèces vulnérables !
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